Le Furet du Nord à Beauvais annonce sa fermeture définitive.

Librairies en crise : pourquoi le Furet du Nord ferme à Beauvais

Après la Fnac des Champs-Élysées, une autre enseigne bien connue tire le rideau. Le Furet du Nord, présent à Beauvais depuis près de dix ans, ferme définitivement. Une décision qui traduit une nouvelle fois les galères du secteur culturel face à l’explosion de l’e-commerce et aux loyers de plus en plus salés.

Le coup dur continue pour les librairies

On se remet à peine de la fermeture de la Fnac des Champs-Élysées en janvier, et voilà qu’une autre grande enseigne met la clé sous la porte. Cette fois, c’est le magasin Furet du Nord de Beauvais, installé dans le centre commercial Jeu de Paume, qui ferme ses portes définitivement. Triste fin pour une boutique qui tenait bon depuis presque une décennie.

Le président de Nosoli, Christophe Desbonnet, a expliqué que le maintien de cette librairie en plein centre-ville avait du sens sur le plan culturel, mais que le modèle économique n’a jamais été très stable. Et là, la nouvelle grille de loyer imposée pour avril 2025 a été la goutte d’eau. La société propriétaire des murs, la FIB, n’a pas bougé d’un pouce malgré les tentatives de négociation. Il n’y aura donc pas de plan B pour sauver ce Furet du Nord.

Les librairies sont contraints de rivaliser avec l'e-commerce et les livres numériques.

Fnac, Furet… même combat ?

L’annonce rappelle évidemment celle de la Fnac des Champs fin janvier, qui avait carrément créé une ruée dans les rayons avant la fermeture. Les fans s’étaient déplacés en masse pour dire au revoir à ce lieu culte, l’un des plus fréquentés de la capitale. Et même si le groupe maintient qu’il reste leader grâce à plus de 20 millions d’euros de synergies (ça claque sur le papier), les ventes en boutique, elles, dégringolent.

La peur du vide touche encore davantage les petites librairies. Celles-ci galèrent de plus en plus à rester rentables, avec une marge souvent en dessous de 1 %. Comment rivaliser avec Amazon et les plateformes en ligne quand les coûts locaux s’envolent ? En ce moment, même les enseignes historiques ont du mal à tenir la route.

Les magasins culturels, en mode survie

Avec ces fermetures successives, difficile de ne pas voir que le modèle de librairie physique est en pleine mutation. Avant, on y allait pour découvrir des pépites ou flâner entre les rayons en quête d’un bouquin tombé du ciel. Aujourd’hui, beaucoup se contentent d’un clic sur leur téléphone et reçoivent leur commande le lendemain.

Ce changement d’habitude, c’est aussi ce qui plombe l’économie des librairies. Même Les Cinquante n’ont pas vu venir ce tsunami numérique. Enfin presque, parce qu’eux au moins, ils ont des stratégies pour survivre dans la villa. Ici, dans la vraie life, c’est plus galère. Surtout quand les loyers montent en flèche et que la fréquentation baisse.

En gros, entre les coûts délirants et la concurrence en ligne, c’est pas demain la veille qu’on verra de nouvelles grandes librairies s’installer en centre-ville. Et c’est bien dommage, parce que ces lieux, c’était aussi un peu comme des oasis culturelles dans la jungle urbaine.

Retour en haut