Gérard Lanvin n’est peut-être pas du genre à crier son amour sur tous les toits, mais quand il parle de ses fils, ça se sent : le cœur est là. L’acteur de 73 ans s’est livré comme rarement lors d’une interview familiale inédite à La Tribune, aux côtés de Manu et Léo. L’occasion de parler d’amour filial… à la sauce Lanvin.
Passage de témoin en famille
C’est la toute première fois que Gérard Lanvin pose avec ses deux fils pour une interview. Et même s’il a le cuir tanné de tous ses rôles de dur au grand cœur, cette réunion a touché une corde sensible. « C’est la première fois que l’on se réunit pour une interview. J’ai beaucoup d’amitié et d’amour pour mes fils et de l’admiration pour leurs parcours. Alors c’est émouvant », a-t-il confié, visiblement pas loin du petit frisson.
Pour ceux qui ne le savent pas, Gérard Lanvin est le père de deux garçons très différents. Manu, 51 ans, musicien rock dans l’âme, qu’il a adopté après son mariage avec la chanteuse Jennifer. Et Léo, 35 ans, plutôt derrière les platines avec sa casquette de DJ. Deux chemins de vie atypiques bien loin du plan de carrière classique et pourtant si raccords avec l’esprit Lanvin : indépendants et francs du collier.

Un papa à l’ancienne (et fier de l’être)
Quand Gérard parle éducation, il ne mâche pas ses mots. Style School of Life bien old school : « Quand Léo pleurait par caprice, ça m’emmerdait. Ma façon de lui dire tu nous emmerdes, c’était de fermer la porte et d’aller ailleurs. » Voilà, c’est dit. On n’est pas dans le tuto parental TikTok, là, mais dans une époque où les mouchoirs, c’était optionnel et la méthode Ferber, le quotidien.
Lanvin le reconnaît, il a laissé sa femme gérer les trucs du quotidien – les devoirs, les bobos et les histoires de doudou – pendant qu’il assumait un rôle plus discret. Pas forcément tactile, mais toujours présent : « On ne se dit pas forcément je t’aime, mais on sait se le prouver. » Une pudeur à l’image du bonhomme, mais qui n’enlève rien à la sincérité de l’affection.
Ce que ses enfants lui ont donné ? Une vraie raison d’être. « Sans mes fils, ma vie aurait été complètement nase. » À sa façon, l’acteur tire une révérence remplie de tendresse, et ça, c’est pépite.
Planquer ses enfants des spotlights
Malgré son statut de figure mythique du cinéma français, Gérard Lanvin a tout fait pour que ses enfants grandissent loin de l’agitation des tapis rouges. Vivre en province, éviter les soirées mondaines, tout était calculé : « Je ne voulais pas qu’ils subissent ma notoriété. »
Résultat, Léo a grandi peinard à Guérande, ambiance sel de mer et camembert, sans jamais avoir l’impression d’être “le fils de”. De quoi forger un jeune homme libre, avec les pieds bien sur terre malgré l’ADN showbiz.
Chez Manu, c’est une autre histoire. Lui a connu les bancs d’un collège privé plutôt chic à Boulogne. Et là, ça clashe sévère avec le style rocker de la familia Lanvin.
- « Famille d’artistes, nous étions jugés comme des marginaux », se souvient-il.
- « Imaginez la récréation des mamans lookées en Chanel quand débarquait ma mère en perfecto et casquette rose !
- Ou Gérard avec ses tatouages ! »
Bref, le choc des mondes. Aujourd’hui, il en rigole, mais à l’époque, à 15 ans, c’était pas la teuf. Il voulait se fondre dans le décor, pas se la jouer fils de star.
Authenticité au beau milieu des paillettes
Au final, le portrait qu’on devine derrière ces anecdotes, c’est celui d’un père pas comme les autres, mais aimant jusqu’au bout. Pas du genre à faire des TikTok en famille comme les Delon Juniors dans Secret Story, mais plutôt à transmettre des valeurs solides :
- ne jamais tricher,
- rester vrai,
- et surtout, garder ses racines.
Un discours rare, touchant et loin du bling-bling habituel. Chez les Lanvin, l’amour ne fait pas de bruit, mais il tient bon. Et ça, ça passe crème.
