Rachel Legrain-Trapani, ex-Miss France 2007, a pris la parole sur Instagram pour raconter une agression sexuelle subie récemment dans les rues d’Avignon. Un moment douloureux mais aussi révélateur, qu’elle a choisi de partager avec sa communauté. L’occasion aussi de revenir sur le poids de la notoriété, y compris celui d’avoir été couronnée Miss France.
Une agression en pleine journée à Avignon
Alors qu’on la retrouve cet été sur les planches du Festival d’Avignon dans la pièce « Pas si Miss que ça », Rachel Legrain-Trapani a vécu un choc auquel elle ne s’attendait clairement pas. Ce jour-là, comme beaucoup d’artistes durant le festival, elle distribuait des flyers pour promouvoir sa pièce. Un homme l’approche, semble insistant, demande une photo, puis franchit les limites en la touchant de manière déplacée.
Sous le choc, Rachel reste paralysée. Heureusement, sa partenaire de scène intervient à temps et l’agresseur finit immobilisé. La police réagit rapidement en prenant l’affaire au sérieux. Et si l’agression a eu lieu en plein jour et en public, cela n’a pas empêché Rachel de monter sur scène le soir même. Une vraie leçon de force mentale.

Une parole difficile mais libératrice
Peu de temps après, c’est sur les réseaux sociaux que l’ex-Miss choisit de briser le silence. Sur son compte Instagram, elle écrit simplement : « Je vais bien », tout en précisant être « psychologiquement détruite ». Son message frappe fort, mais il est aussi très réfléchi.
« J’ai toujours été transparente avec ma communauté », explique-t-elle. Même si l’envie de se taire, elle la connaît bien. « Ça m’est arrivé tellement de fois, et tellement de fois je me suis tue », ajoute-t-elle sans détour.
Cette fois, elle n’était pas seule. Le fait d’avoir une amie présente, témoin direct de la scène, a sans doute changé la donne. C’est elle d’ailleurs qui a prévenu la police. Rachel, elle, avoue avoir été figée : « J’étais tétanisée, je ne pouvais pas bouger ni parler. » Son témoignage est d’autant plus important qu’il expose un vécu malheureusement encore trop fréquent, et tue.
« Ce n’est pas aux victimes d’avoir honte »
En parlant, Rachel Legrain-Trapani fait plus que livrer un récit personnel. Elle envoie un signal fort, surtout à toutes les personnes qui hésitent encore à parler. « La honte est du mauvais côté », martèle-t-elle, rappelant un message fondamental : ce n’est jamais la faute des victimes.
L’agresseur a été appréhendé et devra répondre de ses actes devant la justice en 2026. Un processus long, mais essentiel pour l’impunité ne reste pas. combattre réellement les agressions demande du temps et du courage.
Le titre de Miss : la médaille à double tranchant
Si beaucoup envient ce diadème scintillant, Rachel, comme d’autres Miss avant elle (clin d’œil à Vaimalama Chaves qui a aussi évoqué la pression post-élection), rappelle que le costume est parfois plus lourd qu’il n’y paraît. Couronnée à 18 ans, elle se sent happée par ce personnage qu’elle doit jouer publiquement. « Ma vie ne m’appartenait plus« , confie-t-elle aujourd’hui avec du recul.
Entre les obligations médiatiques, les faux-semblants et un rythme de vie épuisant, elle se rend vite compte qu’elle s’oublie totalement. « On perd un peu son identité« , dit-elle. Jusqu’au jour où elle craque, tout simplement. Déconnexion totale : téléphone coupé, disparition brève mais nécessaire. « C’était trop lourd. »
Ce moment de break sonne comme un électrochoc salutaire. Petit à petit, elle réussit à se réapproprier son image, à ne plus se sentir prisonnière de celle qu’elle incarnait pour la France entière. « J’étais plus à l’aise avec ma fonction« , dit-elle en parlant de cette Miss qu’elle apprend à accepter, après des années de combat intérieur.
Un témoignage fort, sans filtre, qui remet sur la table des sujets qu’on ne doit jamais banaliser.
