Gérard Jugnot parle de l'humour censuré en France.

Jugnot dénonce l’humour censuré : ce qui a vraiment changé dans les comédies françaises

À 72 ans, Gérard Jugnot n’a pas raccroché les crampons. Toujours à fond dans le game, il est à l’affiche de la comédie Y’a pas de réseau avec Maxime Gasteuil. Entre tournage épique, réflexions piquantes sur l’humour d’aujourd’hui, et confidences perso, l’ex-Bronzé n’a rien perdu de sa répartie. Spoiler : la retraite, c’est pas pour demain.

Un tournage mouvementé (et un peu WTF)

On savait que le ciné pouvait parfois déconner niveau coulisses, mais là, Gérard Jugnot nous offre un florilège plutôt mémorable. Dans Y’a pas de réseau, tout commence — littéralement — la tête dans les toilettes sèches. « Je débute le film la tête dans un chiotte », balance-t-il hilare. Classe.

Son partenaire à l’écran, Maxime Gasteuil, a lui aussi eu droit à quelques angoisses, notamment une belle frayeur face à un ours. Oui, un vrai. Le tout dans une ambiance bon enfant, malgré les situations un peu borderline. Pour Jugnot, ça fait partie du job : s’amuser, improviser et surtout faire rire, toujours.

Le plus marrant dans tout ça ? Il est ravi de bosser avec la jeunesse. Carrément flatté d’être “coopté par la jeune génération”, comme il dit. Et franchement, ça passe crème. On le sent super heureux d’avoir su rester dans le coup, sans jouer les ringards.

L’humour à l’ancienne, c’est fini

Avec plus de 50 ans de carrière au compteur, Gérard Jugnot est bien placé pour parler de l’évolution de la comédie made in France. Et il ne mâche pas ses mots : « C’est évident qu’il y a des choses qu’on ne peut plus faire. »

Pour lui, c’est clair : l’humour d’aujourd’hui a dû s’adapter. Impossible de toucher aux sujets sensibles, notamment la religion, à cause d’un climat jugé « plus intolérant ». Il le dit sans amertume, mais avec lucidité. Fini les vannes sur tout et n’importe quoi, place à un humour plus centré sur nos vies de tous les jours : l’amour, la drague, les embrouilles mec/nana. Un peu comme dans Love Island, finalement. Moins de politique, plus de quotidien… et plus de tension aussi.

Il admet que l’humour actuel est sans doute plus risqué. Ce qui faisait marrer tout le monde hier peut aujourd’hui déclencher un bad buzz. “Le contexte a changé, les sensibilités aussi”, résume-t-il. Moralité : les Bronzés ne referaient peut-être pas un carton en 2024.

La comédie française a changé selon Gérard Jugnot.

Une vie privée tranquille (et heureuse)

Côté cœur, Gérard Jugnot vit une love story au long cours avec une compagne plus jeune de quinze ans. Ensemble depuis plus de dix ans, ils nagent dans le bonheur. Et les mauvaises langues, très peu pour lui. Il assure que la différence d’âge n’a jamais été un souci. L’essentiel : que ça roule entre eux.

Côté notoriété, l’acteur n’en fait pas des caisses. Il vit bien sa célébrité, la considère même comme un peu naturelle. Pas du tout aigri par les projecteurs, il raconte avec tendresse que son fils pensait, petit, que tout le monde était gentil. Trop mignon. Même s’il reconnaît que ça peut perturber un môme d’avoir un papa aussi connu, ça n’a jamais fait de lui quelqu’un de blasé ou de distant.

La retraite ? Quelle retraite ?

Certains comptent les jours avant de quitter le taf. Lui, il s’y réfuse catégoriquement. « Dans notre métier, la retraite, c’est comme celle de Russie. La débâcle », lâche-t-il avec ce ton mi-sérieux mi-ironique qu’on lui connaît. Tant qu’il pourra faire marrer les gens, il compte bien rester en haut de l’affiche.

Pour lui, arrêter serait une forme de renoncement. Il enchaîne les projets parce qu’il en a envie, tout simplement. Une passion qu’il cultive depuis ses débuts avec le Splendid, et qui le pousse encore à accepter des rôles, même les plus improbables (du genre en slip au fond des bois en pleine galère de réseau…).

Bref, Gérard Jugnot, c’est un peu le daron cool de la comédie française. Celui qui a su rester lui-même tout en kiffant avec les nouvelles têtes d’affiche. Et ça, franchement, c’est pépite.

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