Deux pilules contraceptives accusées de favoriser les tumeurs au cerveau !

Un jour seulement avant la journée mondiale de la contraception, une alerte lancée par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSE) en juin 2020 revient sur le devant de la scène médiatique

Woman hand holding contraceptive pill or birth control pill

Après le scandale de l’Androcur et de Diane 35 en 2013, c’est au tour de 2 nouvelles pilules et de leurs génériques respectifs d’entrer dans le viseur des autorités sanitaires : Lutényl et Lutéran.

Appel à témoigner pour les utilisatrices des 2 pilules progestatives

Trouver une contraception efficace et sans risque est devenue une véritable épreuve pour toutes les femmes de ce monde. Préservatif féminin, pilules, stérilet, implant, certes il y a le choix, mais pourtant tous ne sont pas si efficaces ou sans risque pour la santé.

Alors que la pilule contraceptive est depuis longtemps pointée du doigt pour ses nombreux effets secondaires et que l’on se rappelle encore tous du scandale autour de Diane 35, c’est aujourd’hui autour de 2 nouvelles pilules d’être suspectées.

D’après l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les pilules progestatives Lutenyl, Luteran, ainsi que leurs équivalents génériques seraient responsables de l’augmentation des risques de développer une tumeur bénigne au cerveau.

Pour rappel, ces 2 pilules étaient la plupart du temps préscrites en cas de troubles menstruels, lors de la ménopause ou de certaines maladies comme l’endométriose, et plus rarement comme simple contraceptif.

Les personnes à qui l’une de ces 2 pilules ou leurs génériques a été prescrite sont appelées a témoigner à ce sujet jusqu’au 30 septembre prochain.

Le Lutényl et Lutéran : placées sous surveillance

En février 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait déjà mené sont enquête et lancée une alerte contre ces deux médicaments, déjà à l’époque suspectés d’augmenter les risques de méningiome.

En juin 2020, l’ANSM lançait de nouveau l’alerte après une étude épidémiologique menée par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) EPI-PHAR sur près de 3 millions de patientes. Cette étude avait notamment pour but de faire suite à l’enquête sur la pilule Diane 35 et le progestatif polémique Androcur.

Au terme de leurs recherches, le Groupement d’intérêt scientifique constitué de l’ANSM et du CNAM s’est rendu compte que les 2 pilules épinglées augmentaient effectivement les risques de développer un méningiome. Rappelons que même si cette tumeur au cerveau est normalement bénigne, elle peut cependant parfois devenir bien plus agressive.

Isabelle Yoldjian, cheffe du pôle gynécologie de l’ANSM a récemment déclaré que les risques associés aux deux pilules étaient proportionnels à la durée du traitement contraceptif :

“En clair, une femme qui prend ces traitements plus de six mois risque environ 3,3 fois plus de développer cette maladie qu’une femme qui ne le prend pas. À partir de cinq ans, le risque est multiplié par 12,5 pour le Lutényl, et par 7 pour 3,5 ans sous Lutéran.”

Et si ces chiffres peuvent pour le moins alerter, la cheffe du pôle gynécologique se veut le plus rassurant possible malgré tout : « développer un méningiome, tumeur du cerveau bénigne, n’est pas systématique. Mais il est important d’avoir connaissance de ce risque pour faire en sorte de le limiter. »

« Plus on prend le traitement longtemps à dose élevée, plus le risque est important.”

Une enquête plus large sur les progestatifs est donc en passe d’être menée afin de mieux cerner le problème des contraceptifs, les pilules progestatives étant loin d’être les seuls contraceptifs en contenant. L’enquête devrait donc également s’étendre à certaines familles de stérilets et d’implants hormonaux.

L’ANSM a d’ailleurs mis en place une plateforme dédiée pour pouvoir recueillir les témoignages des femmes ayant fait l’expérience de l’une de ces 2 pilules. Isabelle Yoldjian précise à ce sujet que cette consultation publique permettra à l’ANSM de pouvoir par la suite faire part de ses recommandations aux médecins quant à l’utilisation de ces traitements.

Si vous faites partie des femmes ayant utilisé ou qui utilisent encore l’une de ces pilules contraceptives (ou leurs équivalents génériques), on ne peut que vous conseiller de vous rapprocher de votre médecin gynécologue pour un contrôle.

Et bon courage à toutes les femmes de ce monde pour qui la contraception est, d’une manière ou d’une autre, un combat au quotidien !


Arielle Cardin

Arielle Cardin

Passionnée par l'écriture depuis mon plus jeune âge et maman de deux enfants, je partage aujourd'hui mon temps entre la rédaction de news people et ma vie de famille !