les fantômes de la solitude

Première modification: 23/03/2020 – 17:09 Dernière modification: 23/03/2020 – 17:11

Être seul pendant la quarantaine peut élever des démons intérieurs difficiles à apprivoiser. Nous vous proposons quelques réflexions pour emporter le confinement avec vous avec philosophie dans ce nouvel épisode de “survivre au confinement”.

Si certains doivent faire face à la quarantaine très, très accompagnés, d’autres la passent avec eux-mêmes. Une expérience délicate pour Miguel Benasayag, psychologue et chercheur: “L’enfer n’est pas seulement les autres, mais c’est aussi soi-même. Le premier problème que plusieurs millions de personnes vont avoir est de passer par un rythme intense de stimulations permanentes où elles fonctionnent comme avec un exosquelette, c’est-à-dire qu’ils sont maintenus de l’extérieur, et soudain il disparaît et ils doivent s’organiser. Pour la plupart de nos contemporains, c’est très difficile, surtout à l’ère des réseaux sociaux. “

Exosquelette dans le placard

Laurent Barelier tente de trouver un nouvel équilibre maintenant que son exosquelette est dans le placard. L’urbaniste, depuis le début de la quarantaine en France, travaille trois jours par semaine dans son appartement parisien où il vit seul. Pour le moment, il raconte à RFI qu’il ne se sent pas seul car il est en permanence connecté avec ses amis et sa famille. Il cherche un nouveau rythme pour s’approprier cette vie de chasse et pouvoir continuer sa vie professionnelle. “Mais je me sens mal de ne pas pouvoir sortir, de voir des gens à l’extérieur, et je n’aime pas vraiment être à la maison”, dit-il.

Il admet également qu’il a du mal à se concentrer sur ses tâches, le téléphone attire son attention: “J’ai appelé ma famille une fois par semaine, maintenant nous nous parlons tous les jours. Je pense que je vais parler à des amis que je n’ai pas vus depuis ça fait longtemps”.

“Je me laisse envahir par le portable”

Cette nécessité de renforcer les liens qui se sont créés dans ces moments de doute a une autre facette. L’hyperconnectivité, analyse Benasayag, est aussi un moyen de s’échapper. Laurent Barelier explique qu’à tout moment où il peut lire, il reçoit un message et laisse la lecture de côté. “Pour ne pas trop penser à moi et ne pas être introspectif, je me suis laissé envahir par le téléphone portable, par tout ce qui se passe dans la rue parce que je ne veux pas y penser.”

“La solitude n’a pas été inventée par le Coronavirus”

C’est ce que Sebastián Villamizar Santamaría, docteur en sociologie au Cuny Graduate Center espère transformer la pandémie: “La solitude n’a pas été inventée par le Coronavirus. Mon engagement politique est que l’éloignement physique n’est pas un isolement social. Bien que nous soyons séparés des autres les gens avec qui nous interagissons quotidiennement, cela ne signifie pas que nous ne pouvons pas construire de ponts, ni construire d’autres façons d’être dans la société et d’avoir des groupes de soutien. “

Sebastián Villamizar Santamaría suggère de remplacer l’individualisme par une nouvelle solidarité à partir de notre propre bâtiment, en aidant l’entreprise la plus fragile et la plus offrant, même à seulement un mètre. Il propose également de se tourner vers la culture virtuelle et de soutenir des entités culturelles dont les finances ne survivront probablement pas à l’isolement sans une poussée.

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Cette nouvelle solidarité peut aussi être un bon remède à l’ennui, ami de la solitude. “Un sentiment auquel nous ne sommes pas habitués”, explique-t-il, ajoutant que “l’économie de l’attention” ne nous permet pas d’explorer un ennui sain et créatif.

Donner une recette unique contre la solitude serait très risqué, mais nous pouvons offrir l’optimisme de Laurent Barelier: “Je dois accepter que c’est le moment de réfléchir, c’est pourquoi j’ai des livres, des films. Je pense que c’est mieux car ça stimule l’imagination et c’est un autre façon de penser à vous-même. “

Eh bien, imaginer, lire et réfléchir a été dit. Et si vous avez besoin d’une pause, il y a mille et une communautés en ligne qui organisent des réunions à distance sur tous les sujets possibles et imaginables.

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