Nouveautés et xénogreffes, que penser au regard de l’éthique ?

Lorsque la science progresse, l’éthique se démarque rarement, voire pas du tout. Récemment, une prouesse technologique a défrayé la chronique : la transplantation de reins de porc génétiquement modifié chez une patiente en état de mort cérébrale pour réaliser ses fonctions physiologiques.

Xéno-transplantation : manque d’éthique ou grand progrès ?

Comme nous l’avons mentionné, la xéno-transplantation de rein de porc provenant de patients en état de mort cérébrale a fait les gros titres à la une. La plupart des articles ont souligné les perspectives et la grandeur de cette percée. Plusieurs scientifiques et groupes de recherche n’ont pas adhéré à cette pratique, qui selon eux, est totalement sans éthique.

Cependant, plusieurs autres experts considèrent cela comme quelque chose de bien normal. Pour eux, il n’y a pas de quoi se plaindre de cette pratique : « après tout, il n’est pas question des primates, donc il n’y a pas de soucis à se faire ». Un artiste rappeur, dans l’un de ses clips « tout va, tout va bien, pas de soucis », a trouvé cette pratique tout à fait logique. Bien que plusieurs célébrités semblent ne pas aimer cette pratique qui, selon eux, est immorale ou sans éthique, certains scientifiques quant à eux semblent approuver cela.

Quelques rappels

Le domaine de l’éthique normative, qui élabore des théories pour considérer quels comportements sont moraux ou immoraux, à ne pas confondre avec l’éthique descriptive, se partage essentiellement en trois grands courants de pensée :

  • l’éthique de la vertu qui porte un jugement sur nos faits en se référant aux intentions et aux traits de caractère qui doivent être cultivés ;
  • l’éthique déontologique qui porte un jugement sur nos faits en fonction de lois morales immuables,
  • et enfin l’éthique conséquente qui porte un jugement sur nos actions en tenant compte de leurs conséquences possibles pour le monde.

En effet, en se basant donc sur l’éthique conséquences, l’on comprend que la xénogreffe n’est pas si mauvaise qu’elle en donne l’air. La xénogreffe apporte un plus au monde. Elle permet de sauver des vies et donne de nouvelles chances aux personnes sans espoir.

Cependant, en se référant à l’éthique déontologiste et à l’éthique de la vertu, on peut vite dire que la xéno-transplantation est totalement immorale. La xénogreffe est une pratique qui met à nu les vertus de l’être humain.

La xéno-transplantation à l’épreuve de l’utilitarisme

Il existe d’autre façon d’aboutir à des intentions beaucoup plus réalistes. D’un point de vue utilitaire, il faut essayer de maximiser les biens faits ou les avantages de la xénogreffe et minimiser la souffrance qu’elle procure en générale ou ses inconvénients. Il est important de comprendre que la xéno-transplantation permet de sauver essentiellement des vies humaines et elle doit être soutenue sur tous les plans. Il faut bien comprendre que l’argument utilitariste ne vise pas à faire la distinction entre l’importance de la vie animale et humaine, mais sert de point d’ancrage. Ici, il est question de parier que la souffrance globale de la xéno-transplantation sera inférieure au bonheur qu’elle produit.

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